Stabat mater furiosa

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avec Françoise
Aufauvre-Desarmaux
Prochaines représentations 2008
Albertville, salle de Maistre :
° Vendredi
17 octobre. 20h30.
° Samedi
18 octobre. 20h30.
° Dimanche 19
octobre. 17h00.
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Quelques images





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La
presse

Le Dauphiné
Libéré. 14 mars 2008. Albertville.
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Seule sur scène, Françoise
Aufauvre-Desarmaux.
Dans Stabat mater furiosa...
Rouge. Une rose rouge. Sur le
sol. Sur la scène. Rouge comme le sang de la
guerre.
Rouge comme l’amour. Une
rose perdue au milieu des ossements humains.
Une fleur.
Elément central de cette
pièce de théâtre. Stabat mater furiosa.
A côté, une femme,
seule. Sur scène. Prend cette rose pour une ultime
prière.
Sans Dieu.
La prière de
l’enfant. La prière de la mère. Celle de
l’épouse de
l’homme de guerre. Ce « petit salaud ».
Elle tend un bras. Une main. Un
doigt.
Le doigt qui appuie sur la gâchette de l’arme de
guerre.
Arme automatique.
Meurtre automatique. Colère.
Françoise
Aufauvre-Desarmaux interprète, avec son coeur de femme, ce texte
magnifique et poignant
contre l’homme de guerre.
Belle, émouvante,
magnifique, pathétique. Elle distille, avec délicatesse,
le
silence dans le rire
et le sourire dans la
gravité. Elle nous entraine, avec
passion, sur les champs de bataille de son âme.
Elle danse sur les mots avec
talent. Ce grand talent de la simplicité. Puissance de l’émotion.
Regard
lumineux. Son regard fougueux et interrogateur. Le regard d’une femme blessée.
Le regard de la prière.
Une prière à la
vie. Parce que sur le fond elle nous offre une prière
d’amour
et d’espoir.
Françoise
Aufauvre-Desarmaux a le courage de jouer seule sur scène.
Une
réussite dans son parcours de comédienne confirmée. C’est un rôle qui lui colle
à la peau.
Un sujet qui lui tient à
cœur. Qui nous interpelle. Tous. Etres humains.
Parce que Stabat mater furiosa,
écrit par un homme,
positionne la femme au
centre de l’humanité. Peut-être sa véritable
place.
Parce que si l’homme
acceptait un jour de partager son pouvoir avec la femme…
A la place d’une arme
automatique, la main féminine déposerait une fleur. Une
rose. Rouge.
Merci Françoise.
Guy Dieppedalle
Dinoutoo.com/Chambéry/Reportages. 28 mai 2008.
Les photos de cette page sont signées Emile
Zeizig
Photographe des festivals d'Avignon et de
Châtillon.
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L'auteur
Je rêve d'un texte qui règle
son compte
(non pas définitivement puisqu'on n'en
finit jamais, du moins, radicalement)
à l'homme de guerre, cet
éternel masculin. Parole d'une femme,
libérée autant qu'il se peut du
dolorisme
que lui assignent des conventions
millénaires, parole dressée en invective brutale
et sans rémission
face à la merde (il faut ici
un mot net et absolu) du meurtre perpétuel.
Stabat mater fiuriosa, donc et non point dolorosa...
A d'autres le pathétique qui s'accommode de la
fatalité. Je veux une parole comme l'effet
d'une conscience excédée,
noir précipité du malheur, de la raison et de la
colère.
Non pas un cri qui comble le silenœ sur
les ruines
mais qui accuse le vide. Seul l'excès
d'une conscience à bout d'elle-même est
à la mesure
de ce défaut
d'humanité qui depuis l'aube des temps donne lieu
et emploi à la mâle ivresse de la tuerie.
Je rêve d'une parole dont on ne se
remet pas,
non en raison de sa violence mais parce qu'elle
porte en elle une évidence sans réplique.
Jean-Pierre
Siméon
Notre époque hâtive,
volontiers étourdie par le prestige de
l'événement, l'a oublié :
il n'est pas de rencontre fertile hors de la
confiance et de l'apprivoisement mutuel
et cela ne se peut que dans la durée.
Il s'agit donc qu'au théâtre
le texte ne soit point l'otage de l'humeur d'un moment
ou d'une intention particulière, mais
l'effet patiemment accompli d'une communauté d'actes
et de pensée.
C'est de cette conviction partagée
qu'est née ma collaboration avec Christian Schiaretti et son
équipe,
c'est elle qui donne sens aux travaux entrepris.
A la Comédie de Reims, (où
la pièce
a été créée alors que les
premières
bombes tombaient
sur la Yougoslavie) l'auteur et son texte, les
comédiens et leur art ne sont pas les pièces d'un
puzzle éphémère
mais les hôtes permanents d'une
même demeure, celle invisible que bâtit le
désir et que l'oeuvre réalisée prouve.
Il ne peut y avoir d'équivoque :
l'adresse est clairement aux spectateurs à qui la
comédienne fait face.
La dureté de l'invective ne peut
être une objection : il n'y a là nulle injustice,
chacun étant, un jour ou l'autre,
par action, par pensée ou par
omission, le Dieu de la Guerre.
Jean-Pierre Siméon.
Propos
tenus par l'auteur pour le site Théâtre
contemporain.net
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Des extraits
Je suis celle qui refuse de
comprendre
je suis celle qui ne veut pas
comprendre et
qui implore
et si j'implore ne riez pas
pas de haussements
d'épaule pas
de murmures
et pas de
prétextes les yeux baissés
pour éviter ma voix
mon émotion n'est
pas un chien que je promène
un petit chien-chien que je
cajole et promène
mon émotion est
noire et lourde
elle a le poids de la hache et
le tranchant du silex
et si je prie c'est sans dieux
si je prie c'est comme quand
on dit : je vous en prie
c'est la vie que je prie
je vous en prie la vie et
je ne sais pas de quoi je la
prie mais
je sais que la
prière est lourde et noire
qu'elle n'appelle pas ne
commente pas n'apure pas les comptes
elle viendra
ma prière un
moment seulement s'il vous plaît
toi mon garçon
écoute laisse laisse
jeux leçons et
chansons
si tu en as le
privilège
écoute reste ici
debout
dans le pré
carré d'ombre et de silence qui peut nous tenir lieu de
parloir
tant pis pour toi tu es
né tu es de ce monde
tu sauras
tu ne peux
échapper à ma prière noire
toi mon père
approche
regarde-moi ose me regarder
en face
je suis celle qui essaie de
ne pas comprendre
de ne pas te comprendre de ne
pas entendre tes raisons
je hais tes raisons je fais
silence sur tes raisons
ah oui nous avons
marché dans la brume des champs dans l'aurore
chahutée des villes
ma main dans ta grande main
qui me voulait tienne et douce et hardie et
neuve et affamée
et convaincue de ton désir d'être mon
père
soit ! mais cela ne compte
pas ne pèse plus
écoute et ose
regarder mes yeux
toi mon frère
est-il possible que tu me
ressembles
est-il possible croyable
admissible
que tu portes un peu de mon
geste dans tes mains quand tu égorges
et que mon visage dans ton
visage se penche
sur la boue
écarlate et le cadavre démembré
à travers toi je
serais donc sœur de la chiennerie
guerriers tueurs
éventreurs tortionnaires mercenaires soudards miliciens
égorgeurs reîtres
combattants assassins troupiers bourreaux soldats violeurs
massacreurs
chiennerie en
tout genre veulerie
je n'en finirais pas
d'énoncer
les galops du cheval sur la
poitrine de la terre
je suis sœur
à travers toi des chiens qui forniquent
sur le ventre blanc des
amoureuses filles aux hanches neuves
et femmes
vieilles du dernier soir
ici mon frère que
tu entendes !
(...)
(...)
mais quand la foule des
guerriers se met en chemin
c'est son pas d'abord qu'on
entend
son pas qui martèle
oui les coups du marteau sur
la terre
le pas qui frappe et qui dit
je suis là je suis partout
et comme les bêtes
qui sentent de très loin venir l'incendie
chacun sent monter en lui
l'écho sourd de ce pas
pas d'histoires tout le monde
sait cela
tout le monde
même l'enfant
nouveau né en a la mémoire
le bruit du pas des hommes en
guerre
on sait cela en naissant comme
on sait la voix de sa
mère et
le bruissement des arbres et
des astres
ah le petit tam-tam mou
qu'elle fait la mort qui se prépare
dans le silence de vivre
j'étais femme jeune
et accordée
heureuse à la nécessité simple de vivre
comme l'outre qui portait
tous les vents d'Eole
et qui s'ouvrit sur le
déchaînement des tempêtes
on a ouvert le sac de la
guerre
et tous les bruits se sont
rués sur nous
la toux rageuse des armes
les grondements claquements
hurlements métalliques
grondements grincements
rugissements claquements craquements
crissements
cris et plaintes hurlements
et plaintes
pleurs et
gémissements
souffles chuintements et
sifflements
il me reste la voix
contre ce tumulte
obscène
ma voix seule pour que tu
l'entendes
toi qui fais les tumultes
ma voix qui te
récuse et qui implore
je dirai tout pas de
trêve
pour que ma voix porte aussi
haut que ton tumulte
je dirai jusqu'au grincement
des os
de la femme qu'on
écarte pour le viol
et que ce bruit te serre les
tempes
comme un remords inconciliable
(...)

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La
compagnie Eteroclit
Mme Françoise
Aufauvre-Désarmaux
Le Foatet
73400 Marthod
Tél 04 79 37 69
36 / Fax : 04 79 37 25 36
06 71 91 47 94
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et de Théâtre
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Mise
à jour 30 mai 2008.